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Obligation du médecin lors du diagnostic de malformations fœtales : Guide juridique complet
Lorsqu'un médecin diagnostique (ou devrait diagnostiquer) une malformation fœtale, il se trouve à un moment juridiquement critique. Ce que le médecin dit, explique ou omet d'expliquer peut déterminer si une action en « naissance préjudiciable » est intentée — ou non.
De nombreux médecins ne comprennent pas pleinement leurs obligations dans cette situation — ce qui conduit à des négligences, des poursuites judiciaires et des traumatismes pour les familles.
Dans cet article, nous détaillons précisément les obligations du médecin lors du diagnostic de malformations fœtales :
- Devoir de divulgation
- Devoir d'explication
- Devoir d'information sur les options
- Devoir d'orientation
- Ce que le médecin ne doit pas faire
- Exemples de jurisprudence
Principes juridiques - Devoir de divulgation et consentement éclairé
Devoir de divulgation (Duty of Disclosure)
Le principe : Un médecin doit divulguer au patient toute information pertinente susceptible d'influencer ses décisions.
Dans le cas d'une malformation fœtale : Le médecin doit divulguer l'existence de la malformation — sans délai.
Interdit :
- Dissimuler l'information
- Différer ("Nous vous le dirons la prochaine fois")
- Minimiser son importance
Même si le médecin pense que les parents ne souhaiteront pas interrompre la grossesse — il est toujours tenu de leur fournir l'information !
Consentement éclairé (Informed Consent)
Le principe : Un patient a droit de prendre une décision éclairée concernant son traitement médical — seulement après avoir reçu toutes les informations pertinentes. Cela est également prescrit par la loi sur les droits des patients.
Dans le cas d'une malformation fœtale : Les parents ont le droit de décider s'ils souhaitent poursuivre la grossesse — seulement après avoir reçu toutes les informations sur :
- La nature de la malformation
- Le pronostic
- Les options disponibles
- Les risques
Si le médecin n'a pas fourni les informations complètes — les parents n'ont pas pu prendre une décision éclairée — et cela constitue une négligence médicale !
Devoir de divulgation - Que doit divulguer le médecin ?
1. Signaler l'existence de la malformation - Immédiatement !
Dès que le médecin identifie (ou suspecte) une malformation :
- Doit en informer les parents
- Immédiatement (sans délai !)
- Clairement
Exemple de négligence : Un médecin voit à l'échographie (semaine 20) une suspicion de malformation cardiaque grave. Il dit : "Tout semble normal, revenez dans un mois." Il aurait dû dire immédiatement : "Il y a une suspicion de malformation cardiaque, des examens complémentaires sont nécessaires."
Pourquoi est-ce une négligence ? Retard dans la communication d'information = retard dans le diagnostic = retard dans la possibilité d'interrompre la grossesse (si les parents l'avaient souhaité).
2. Divulguer le type de malformation - Dans un langage clair
Le médecin doit expliquer :
- La nature de la malformation — par son nom médical + une explication simple
- La localisation de la malformation (cœur, cerveau, colonne vertébrale, etc.)
- Sa gravité
3. Divulguer le pronostic - Qu'est-ce qui est prévisible ?
Le médecin doit expliquer :
- L'enfant survivra-t-il ? (oui / non / selon les circonstances)
- Quelle sera la qualité de vie ? (Y aura-t-il une déficience intellectuelle ? Pourra-t-il marcher, parler, apprendre ?)
- Quels traitements seront nécessaires ? (Chirurgies, médicaments, rééducation ?)
- Quels sont les risques ? (Décès, handicap ?)
4. Divulguer les options - Poursuivre ou interrompre
Le médecin doit expliquer qu'il existe deux options :
A. Poursuivre la grossesse : Que se passera-t-il après la naissance ? Quels traitements seront disponibles ? Quel soutien existe ?
B. Interrompre la grossesse : Est-ce légalement possible ? Quelle est la procédure ? Quels sont les risques médicaux ? Quelles sont les implications psychologiques ?
Important : Le médecin doit présenter les deux options — même s'il pense personnellement que l'une est préférable !
5. Divulguer les droits - Ce à quoi ont droit les parents
Le médecin doit expliquer :
- Droit à du temps pour réfléchir
- Droit à un deuxième avis
- Droit à un soutien psychologique
- Droit de demander à une commission d'interruption de grossesse (si pertinent)
Devoir d'explication - Comment expliquer ?
1. Dans un langage simple et compréhensible
Le médecin ne peut pas se contenter de la terminologie médicale ! Il doit s'exprimer dans un langage que le patient comprend.
2. En doses mesurées - Ne pas submerger
Les parents ne doivent pas être submergés par toutes les informations en même temps. Processus recommandé :
- Explication initiale — quelle est la malformation, sa gravité (brièvement)
- Laisser les parents assimiler — quelques minutes, ou revenir le lendemain
- Explication détaillée — pronostic, options, processus
- Répondre aux questions
3. Vérifier la compréhension
Après l'explication, le médecin doit demander : "Dites-moi avec vos propres mots — qu'avez-vous compris ?" et "Y a-t-il quelque chose qui n'est pas clair ?"
4. Offrir l'opportunité de poser des questions
Le médecin doit donner aux parents la possibilité de poser des questions et d'y répondre patiemment et clairement.
5. Tout documenter
Le médecin doit documenter dans le dossier médical : ce qui a été expliqué, quand cela a été expliqué, si les parents ont compris, quelles questions ont été posées, et les réponses. Si ce n'est pas documenté — le tribunal supposera que cela n'a pas été expliqué.
Devoir d'orientation - Vers qui le médecin doit-il orienter ?
1. Orientation vers un spécialiste médical
En cas de suspicion de malformation — le médecin doit orienter vers un spécialiste :
- Suspicion de malformation cardiaque → cardiologue pédiatrique (échocardiographie fœtale)
- Suspicion de malformation cérébrale → neurologue (IRM fœtale)
- Suspicion de malformation génétique → généticien
2. Orientation vers un conseil génétique
Si la malformation est génétique ou chromosomique — orientation vers un conseiller génétique.
3. Orientation vers un soutien psychologique
C'est l'obligation que la plupart des médecins oublient ! Diagnostiquer une malformation = traumatisme émotionnel. Le médecin doit proposer une rencontre avec un psychologue ou un travailleur social. Certains parents refuseront — c'est acceptable. Mais le médecin doit proposer !
4. Orientation vers une commission d'interruption de grossesse
Si la malformation justifie une interruption de grossesse — le médecin doit proposer l'orientation vers la commission.
Ce que le médecin ne doit pas faire
- Dissimuler des informations — même s'il pense que les parents n'ont pas besoin de savoir
- Imposer une décision — la décision appartient aux parents et à eux seuls
- Minimiser la gravité de la malformation — empêche une prise de décision éclairée
- Susciter une peur excessive — viole le droit à une information objective
- Différer la communication d'informations — délai = négligence
- Rompre le contact — l'abandon du patient constitue une négligence médicale
Résumé - Points clés
- Devoir de divulgation — tout dire, immédiatement, clairement
- Devoir d'explication — en langage simple, détaillé, patiemment
- Devoir d'information sur les options — poursuite et interruption
- Devoir d'orientation — vers un spécialiste, conseil génétique, psychologue, commission
- Interdiction d'imposer une décision — les parents décident
- Interdiction de dissimuler, minimiser ou susciter une peur excessive
- Devoir de documentation — tout documenter !
La règle d'or : information complète + neutralité + respect du droit de choisir.
Si vous pensez qu'un médecin n'a pas respecté ses obligations envers vous, contactez-nous pour une consultation avec un avocat spécialisé.
Cet article fournit des informations générales uniquement et ne constitue pas un avis juridique ou médical.

Yiron Festinger
Associé Fondateur
Me Yiron Festinger est l'un des avocats les plus reconnus dans le domaine de la responsabilité civile, de la faute médicale et de l'assurance en Israël. Au cours de ses 44 années d'expérience dans le monde juridique, Me Festinger a acquis une vaste expertise dans la gestion de dossiers complexes et a obtenu de nombreux succès juridiques et jurisprudences à son actif.
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